Gérard Brua est luthier pour guitares, un rêve d’adolescent qu’il a su mener à terme, au prix d’un parcours qui sans avoir été toujours un long fleuve tranquille n’a pas été pour autant parsemé d’embuches insurmontables.

Pour commencer une formation d’ébéniste d’art au lycée Coufignal, Marqueterie et CAP menuiserie en candidat libre. Un objectif au sortir de cette formation, la prestigieuse école Boule mais la vie, parfois oblige à des détours.

Il trouve un premier emploi et son premier salaire se transforme aussitôt en guitare électrique avec son ampli.

En 1981 il travaille pour une chaine de télé : création de décors, pour devenir intermittent du spectacle. Puis à la suite d’un concours, devient ingénieur du son équivalent BTS. Pole production car régie … une vie de déplacements constants de rencontres, de personnalités et de défis à relever.

Tout au fond de lui sommeillait ce besoin de travailler le bois, d’exercer un métier d’art, construire des guitares, oui mais comment ?

Quand on veut on peut, et sinon il faut trouver des gens qui savent, qui veulent enseigner leur art, transmettre leurs savoir-faire et même apprendre un nouveau langage. Chaque métier, et à fortiori chaque art est truffé de mots spécifiques mais aussi et surtout de gestes techniques de tours de main qu’il faut acquérir et perfectionner. Parmi ses mentors quelques luthiers chevronnés lui ont ouvert leur atelier et leur bienveillance : Xavier Petit, Richard Baudry et Franck Cheval.

Dans son atelier, il faut le voir choisir une pièce de bois, évaluer ses possibilités esthétiques et musicales. Débiter deux moitiés de fond en bois précieux, deux moitiés de table, en général en épicéa, puis des éclisses qu’il faudra former galber pour épouser les contours de la guitare.

Tailler un manche, habiller la touche de frettes, décorer la rosace et surtout disposer à l’intérieur de l’instrument les barrages qu’il faudra soigneusement sculpter pour que l’instrument donne sa pleine mesure. Un bel instrument se doit de produire un son à la hauteur des attentes de son musicien. De nombreux guitaristes ont fait créer un ou des instruments à leur mesure et selon leur sensibilité.

Pour ce qui est des guitares électriques, toutes les étapes précédentes nécessitent également la maitrise de l’électronique, blindages et isolations pour éviter tous sons discordants.

Choisir l’accastillage qui convient, qui durera, donnant satisfaction sans faillir fait aussi partie de la responsabilité et de l’art du luthier.

Pour briller de mille feux sous les spots l’instrument subit une foules de traitements de beauté, peintures, vernis ponçages de plus en plus fins, polissage final, mille fois recommencé jusqu’à donner satisfaction à l’artisan perfectionniste.

Guy Kuntz

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